LE TEMPS

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Il peut paraître curieux de consacrer un paragraphe au temps . Pourtant, le temps est bien un facteur majeur de notre activité, le temps qu'il faut à un jeune pour prendre ses marques ici, le temps qu'il reste ici, le temps dont il dispose pour trouver sa voie, le temps gâché ou douloureux…Mais aussi, pour nous, le temps social, le temps partagé, le temps privé, le temps qui nous est imparti pour trouver une solution, le temps de l'urgence et surtout le manque de temps...

La liste précédente n'est pas exhaustive et nous pourrions disserter à loisir sur le rôle du temps dans notre fonction. Les institutions qui nous confient des jeunes nous disent souvent " il (elle) a besoin de temps, il lui faudra du temps… " cependant comment pourrions nous nous soustraire totalement au temps social, au rythme ordinaire de la vie ? Au mieux pouvons nous aménager ce temps, négocier des allègements de contraintes de temps, mais à la fin des prises en charge, le jeune devra s'assumer et donc faire avec le temps social et ses impératifs. Nous sommes à une sorte de charnière de temps où nous tentons d'adapter l'utilisation du temps aux particularités de chacun en essayant toutefois d'amener vers une temporalité socialement acceptable (rythme travail-repos, sommeil-veille, jour-nuit…). Ainsi, sur un même lieu et dans même temps se vivent différentes réalités de temps entre des jeunes scolarisés (tant bien que mal), des jeunes en formation, et d'autres sans lien social régulier. Ainsi, nous situons nous par rapport au différentes échelles de temps à la fois de manière générale, comme tout autre acteur, et de manière spécifique liée à notre fonction de lieu de vie et d'accueil.

Dali :

désintégration de la persistance de la mémoire

1952-1953

 

Quand à notre temps…

Quand existe-t-il en tant que temps privé ? La question se pose de la même manière que pour l'espace. Comment se réapproprier du temps, comment ne pas tout partager ?

Si nous avons pu fonctionner pendant quelques années sans vivre de périodes de réelles vacances, nous n'en serions plus capables aujourd'hui. La récupération de temps personnel est salutaire, elle permet de " recharger les batteries ". Là aussi nous revendiquons une spécificité : les week-end sont partagés, seules les quelques périodes de fermeture que nous réussissons à poser (de cinq à six semaines au total sur l'année) sont du temps réellement privé.

"Vivre avec" prend alors son plein sens, en terme quantitatif (nous partageons presque tout le temps), en terme qualitatif (nous partageons tous les temps de notre vie privée, anniversaires, mariage, deuils…). C'est dans cette continuité du temps de vie partagé que nous sommes permanents de lieu d'accueil, nous sommes là pour assurer cette permanence sécurisante, cette constante intemporelle, ce repère...

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