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Depuis que nous
accueillons des jeunes en difficulté quelques constantes apparaissent
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Le salon de l'étage
Ce lieu est fort investi par les jeunes qui s'y retrouvent pour discuter, regarder des films, "changer le monde", s'engueuler... On y parle des amours des déceptions, des espoirs. Bref, le dernier salon ou l'on cause!
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Sur le coté
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La frontière entre problématique sociale et problématique psychiatrique est de plus en plus difficile à établir pour les raisons évoquées précédemment. L'absence de repères, fréquemment les manques ou la défaillance du père, la mauvaise image que l'on renvoie à ces jeunes de leur famille, entraînent une impossibilité à se construire, à se projeter dans l'avenir. C'est la disparition ou le renoncement de l'individu sujet, des jeunes de moins en moins réceptifs à un engagement positif dans la vie, à l'accompagnement proposé. Si aucun des jeunes que nous avons été amenés à accueillir n'a fait l'objet d'une mesure de placement du seul fait de la pauvreté de ses parents, le facteur précarité demeure un élément clef dans la plupart des situations ou un jeune est séparé de ses parents. Si l'alcoolisme, la toxicomanie, la violence, les carences éducatives ou l'inceste (principaux motifs de placement) ne sont pas liés directement à une classe sociale, l'absence de travail, la dévalorisation de soi et plus généralement, le niveau de revenu de la famille est un élément déterminant. Nous n'avons accueilli que deux jeunes dont la famille avait des ressources supérieures à 1000 € par mois. |
| Aujourd'hui,
nous constatons une tendance de plus en plus marquée chez ces jeunes
à vivre selon des règles qui leur sont propres, une forme
d'organisation sociale parallèle. On peut disserter à loisir
sur les méfaits de cette forme de marginalité, nos sociologues
peuvent échafauder des théories, il n'en sortira rien tant
que ces formes d'organisation marginales, si contestables soient elles,
seront les seules à intégrer de façon évidente,
à permettre la reconnaissance ou la construction d'une identité.
L'école ne joue plus ce rôle d'intégration, elle ne
sait plus le faire, se trouve impuissante face aux problématiques
des jeunes et n'a guère de perspectives à proposer à
ceux qui sont le plus en difficulté. A ce propos, on ne saurait ignorer
les dégâts causés par la suppression des classes de
quatrième technologiques, hypocritement justifiée par la notion
de collège pour tous, louable sur le principe, dans la réalité
formidable machine à nier les différences et non à
atténuer les inégalités.
Le résultat est que nous accueillons des jeunes pour lesquels il est de plus en plus compliqué de mettre en place un projet adapté. Leur age, leur très faible niveau scolaire (parfois à la limite de l'illettrisme !), leur incapacité et/ou leur refus d'accepter toute autorité sont autant de handicaps. Pourtant, dans leur ensemble, leur demande est très normative, ils critiquent " le système " uniquement parce qu'ils n'y ont pas leur place, pas pour le remettre en cause. Au contraire, les valeurs qu'exacerbe notre univers médiatique, argent, consommation, individualisme (voire égocentrisme) rencontre une adhésion sans limite chez ces jeunes. Ainsi, nous sommes passés d'une marginalité choisie, contestataire dans une société de plein emploi (années 60-70) à une marginalité subie, non contestataire dans une société à fort taux de chômage. Malgré tout, ils sont sensibles, touchants et ne demandent qu'à espérer, comme tout un chacun, à nous de trouver le ou les moyens de réveiller ce qui dort en eux. |
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